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Coprométiers

Assemblée générale

Contester une décision d'AG · le délai de 2 mois (art. 42)

Par Publié en décembre 2025 Vérifié le 8 juillet 2026 8 min de lecture textes de loi cités

Une décision d’assemblée générale se conteste devant le tribunal judiciaire, dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal, et seulement par un copropriétaire opposant ou défaillant (article 42 de la loi du 10 juillet 1965). C’est un délai de forclusion, l’un des plus courts du droit de la copropriété, et il ne se relève pas.

Ce délai court vite et les conditions sont plus étroites qu’on ne l’imagine. Qui peut agir, pour quels motifs une annulation s’obtient vraiment, comment se déroule la procédure, et ce que fait le syndic pendant ce temps.

Qui peut contester, le test en une question

Avez-vous voté contre la résolution, ou étiez-vous absent et non représenté ? Si la réponse est non aux deux, l’affaire s’arrête ici.

Votre situation au moment du votePouvez-vous contester ?
Vous avez voté contre (opposant)Oui
Vous étiez absent, sans procuration ni vote par correspondance (défaillant)Oui
Vous avez voté pourNon, même si vous le regrettez
Vous vous êtes abstenuNon, l’abstention n’est pas une opposition
Vous étiez représenté et votre mandataire a voté pourNon, son vote vous engage

Deux précisions souvent mal comprises. L’abstentionniste n’est pas un opposant. S’abstenir, c’est laisser faire, et la jurisprudence le lui rappelle. Et la qualité s’apprécie résolution par résolution. Vous pouvez être opposant sur la résolution 12 et avoir voté pour la 13, vous ne pourrez attaquer que la 12.

Reste un cas à part, un vote par correspondance « pour » requalifié en défaillant parce que la résolution a été amendée en séance. Depuis 2020, le votant par correspondance est réputé défaillant pour toute résolution modifiée en cours d’assemblée. Il retrouve donc son droit de contester.

Le délai de deux mois, et pourquoi il pardonne rarement

Le compte à rebours démarre à la notification du procès-verbal, que le syndic doit envoyer dans le mois qui suit l’assemblée aux opposants et défaillants. Son point de départ dépend du canal utilisé. Depuis le décret du 22 décembre 2025, la notification se fait par voie électronique sauf demande contraire : le délai court alors le lendemain de la transmission de l’avis par le prestataire, que vous ouvriez le message ou non. Si vous avez demandé la voie postale, il court le lendemain de la première présentation du recommandé ; laisser le pli dormir au bureau de poste ne gagne aucun jour.

Passé deux mois, la forclusion tombe. Une résolution votée à la mauvaise majorité, voire franchement illégale, devient inattaquable. La règle est stricte, et elle est voulue ainsi. La vie d’un immeuble ne peut pas rester suspendue des années à un recours possible.

Un seul rattrapage existe, la notification irrégulière ou absente (procès-verbal jamais envoyé, envoi simple au lieu d’une notification, mention du délai de recours omise). L’article 18 alinéa 2 du décret impose en effet que la notification reproduise le deuxième alinéa de l’article 42. À défaut, le délai de deux mois n’a jamais commencé à courir et l’action retombe sur la prescription de droit commun de cinq ans. Mieux vaut ne pas compter là-dessus et surveiller ses envois.

Les motifs qui font annuler, et ceux qui ne marchent jamais

Le juge n’annule pas une décision parce qu’elle déplaît. Il l’annule parce qu’elle est irrégulière. Les familles de motifs qui gagnent :

Exemple. Aux Arcades (1 000 tantièmes), la pose de bornes de recharge privatives est adoptée « à la majorité des présents », 460 voix pour, 340 contre. Le syndic annonce la résolution adoptée. Problème, cette décision relève de l’article 25, qui exige plus de 500 voix sur les 1 000 de la copropriété. Un copropriétaire opposant a deux mois pour faire constater que les 460 voix n’ont jamais suffi.

À l’inverse, « je n’étais pas d’accord », « ça coûte trop cher » ou « on aurait pu choisir une autre entreprise » ne sont pas des motifs. Le juge contrôle la régularité, pas l’opportunité.

La procédure, concrètement

L’action se porte devant le tribunal judiciaire du lieu de l’immeuble, avec avocat obligatoire. On assigne le syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic. Pas le syndic en son nom, pas les copropriétaires majoritaires.

Comptez un budget d’honoraires de quelques milliers d’euros et une procédure qui se joue en mois, parfois en années. D’où deux réflexes avant d’assigner :

  1. relire le procès-verbal à froid, avec le détail des majorités, car beaucoup de décisions jugées choquantes sont en réalité des votes réguliers ;
  2. chiffrer l’enjeu. Annuler une résolution à 800 € de travaux coûte plus cher que la résolution. Pour un litige de principe, une lettre d’avocat au syndic ou une nouvelle résolution à l’AG suivante règle souvent l’affaire à moindres frais.

Et pendant la procédure, on continue de payer ses appels de fonds, y compris ceux liés à la décision contestée. La contestation n’a pas d’effet suspensif sur vos charges ; si vous gagnez, les sommes sont recalculées. Cesser de payer, c’est s’exposer à une procédure d’impayés, en position de défendeur cette fois.

Ce que fait le syndic pendant les deux mois

C’est le versant que les copropriétaires connaissent mal, et il explique bien des lenteurs apparentes. Le syndic doit « purger » le délai de l’article 42 avant d’exécuter certaines décisions.

Après le vote, deux cadences d'exécution Vote en AG PV diffusé sous 1 mois (art. 42) Fin du délai 2 mois pour contester Article 24, exécution immédiate, dès le vote Article 25 / 26, suspendus jusqu'à la purge des 2 mois
Le procès-verbal et le délai de contestation courent pour toutes les décisions de la même façon, mais leur exécution suit deux cadences différentes. L'article 24 n'attend rien, les articles 25 et 26 attendent la fin du délai de recours (sauf mandats du syndic et des conseillers syndicaux).
Décision votéeExécution
Majorité simple (art. 24), comptes, budget, travaux courantsImmédiate, sans attendre la purge du délai
Majorités des articles 25 et 26Suspendue jusqu’à la fin des deux mois
Mandat du syndic, mandat des conseillers syndicauxEffet immédiat, par exception

Si votre ravalement voté en juin ne démarre qu’en septembre, ce n’est pas forcément de l’inertie. C’est souvent le délai de recours qui se purge, et un syndic prudent qui ne veut pas engager 200 000 € de travaux sur une décision encore attaquable.

Les idées reçues

L’idée reçueLa réalité
« Je me suis abstenu, je peux contester »Non. Seuls opposants et défaillants ont qualité pour agir.
« Le délai court quand je lis le PV »Non. Il court dès la transmission de l’avis électronique, ou dès la première présentation du recommandé, même non réclamé.
« J’attaque le syndic »On assigne le syndicat des copropriétaires ; le syndic ne fait que le représenter.
« Deux mois passés, mais la décision est illégale »Forclusion, sauf notification irrégulière, la décision est verrouillée.
« Je conteste, donc je ne paie plus »Les appels de fonds restent dus jusqu’à l’annulation. L’impayé se retournerait contre vous.
« Ma contestation bloque tout le chantier »Non, l’assignation ne suspend pas l’exécution ; seul le juge peut l’ordonner.

Avant d’assigner, trois questions à se poser

L’annulation me rendra-t-elle quelque chose ?

Une annulation efface la décision, elle ne réécrit pas l’histoire à votre goût. Le ravalement annulé sera revoté, souvent dans les mêmes termes et à la bonne majorité cette fois. Le recours vaut la peine quand le vice change le résultat (une passerelle mal appliquée, des voix mal comptées), pas quand il ne fait que retarder l’inévitable.

Puis-je négocier plutôt que plaider ?

Souvent, oui. Un courrier motivé au conseil syndical, une demande d’inscription d’une résolution corrective à l’ordre du jour de la prochaine assemblée, ou une médiation coûtent moins cher qu’une assignation. Le juge apprécie d’ailleurs que la voie amiable ait été tentée.

Que risque celui qui conteste tout, tout le temps ?

Une condamnation pour procédure abusive, avec dommages-intérêts au profit du syndicat. Les tribunaux connaissent les contestataires d’habitude. Le recours de l’article 42 sert à corriger une irrégularité précise, pas à contester par principe.

Ce que dit le droit. Article 42 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (délai de deux mois, opposants et défaillants), articles 17 et 18 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967 (procès-verbal et notification), et une jurisprudence abondante sur l’abus de majorité et la qualité d’opposant.

Pour aller plus loin, le procès-verbal d’assemblée générale, les majorités des articles 24, 25 et 26, et le simulateur de majorités pour vérifier vous-même si un vote a été correctement décompté.

Le modèle qui va avec. La lettre de contestation amiable au syndic, en Word et PDF gratuits (elle ne suspend pas le délai de deux mois).

L’outil qui va avec. Le calculateur de délais, entrez la date de notification du procès-verbal, il donne le dernier jour pour assigner.

Vérifié juillet 2026

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Le délai légal de convocation d'une assemblée générale est de 21 jours. Le règlement de copropriété peut-il y toucher ?