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Arrêt expliquéPourvoi rejetéNon publié au BulletinDroits, conflits et assurances

Un syndic réélu gardait sa dispense de compte séparé, une règle abolie en 2020

La dispense de compte séparé décidée sans durée en 2016 valait encore en 2018 pour le même syndic. Elle n'existe plus aujourd'hui.

Expliqué par .

L'essentiel

  1. 01

    Le syndicat des copropriétaires demandait en justice à un copropriétaire de payer ses charges. Le copropriétaire répondait que le syndic ne pouvait pas agir, car son mandat n'était pas valable faute de compte bancaire séparé.

  2. 02

    En 2016, l'assemblée générale avait refusé à l'unanimité d'autoriser le syndic à ouvrir un compte bancaire séparé, ce qui l'en dispensait sans durée fixée. Le même syndic avait ensuite été renouvelé dans ses fonctions en 2017 et en 2018.

  3. 03

    La Cour de cassation rejette le recours du copropriétaire. Pour elle, le tribunal a eu raison de juger que le syndic était toujours dispensé d'ouvrir un compte séparé à la date de la demande en justice, et que l'action du syndicat des copropriétaires pouvait être examinée. La Cour relève aussi que le copropriétaire ne disait pas, devant le tribunal, avoir demandé l'annulation de la décision de 2016, et elle en tient compte pour approuver le tribunal.

  4. 04

    La dispense de compte séparé appliquée dans cette affaire n'existe plus depuis le 31 décembre 2020. Aujourd'hui, l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 oblige le syndic à ouvrir ce compte.

Ce qui s'est passé

Le 19 décembre 2016, l'assemblée générale d'une copropriété refuse à l'unanimité d'autoriser le syndic à ouvrir un compte bancaire séparé au nom du syndicat des copropriétaires. Ce refus dispense le syndic d'ouvrir ce compte, sans qu'aucune durée soit fixée.

Le 25 mai 2018, le syndicat des copropriétaires attaque en justice un copropriétaire pour obtenir le paiement de ses charges. Le copropriétaire conteste le pouvoir du syndic d'agir en justice. Selon lui, le mandat du syndic n'est pas valable, parce qu'aucun compte bancaire séparé n'est ouvert à la date de la demande.

Le 23 mars 2023, le tribunal judiciaire de Lyon juge l'affaire en dernier ressort, c'est-à-dire sans appel possible. Le tribunal constate que le même syndic a été renouvelé dans ses fonctions en 2017 et en 2018. Pour le tribunal, le syndic était toujours dispensé d'ouvrir le compte à la date de la demande en justice. Il accepte donc d'examiner l'action en justice du syndicat des copropriétaires. Il condamne le copropriétaire à payer les charges impayées, des frais du syndic et des dommages et intérêts.

Le copropriétaire saisit alors la Cour de cassation et reproche au jugement d'avoir accepté d'examiner la demande. Selon lui, l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 rend sans valeur le mandat du syndic qui n'a pas ouvert de compte séparé 3 mois après sa désignation. Il ajoute que, selon l'article 29-1 du décret du 17 mars 1967, applicable à l'époque, la décision qui dispensait le syndic devait fixer la durée de cette dispense. Pour lui, la dispense n'avait pas été renouvelée par les assemblées de 2017 et de 2018.

  1. 23 mars 2023Tribunal judiciaire de Lyon

    Rend la décision contestée devant la Cour de cassation.

  2. 15 janvier 2026Cour de cassation, troisième chambre civile

    Rejette le pourvoi. La décision attaquée est maintenue.

La Cour de cassation ne rejuge pas les faits. Elle vérifie que les juges ont bien appliqué la loi.

Ce que la Cour a décidé

Ce qu'il faut retenir

Dans cette affaire, la dispense de compte séparé décidée en 2016 sans durée valait encore pour le même syndic en 2018, et le juge pouvait donc examiner la demande de charges. Cette dispense n'existe plus depuis le 31 décembre 2020.

La Cour de cassation rejette le recours du copropriétaire. Le jugement qui le condamne à payer reste donc en place.

Le tribunal avait constaté que l'assemblée générale du 19 décembre 2016 avait refusé à l'unanimité d'autoriser le syndic à ouvrir un compte bancaire séparé. Ce refus dispensait le syndic d'ouvrir ce compte, et aucune durée n'avait été fixée à cette dispense. Le tribunal avait aussi constaté que le même syndic avait été renouvelé dans ses fonctions en 2017 et en 2018. Devant ce tribunal, le copropriétaire ne disait pas avoir demandé l'annulation de la décision de 2016, et la Cour en tient compte.

Pour la Cour de cassation, le tribunal en a déduit avec raison que le syndic était toujours dispensé à la date de la demande en justice. L'action en justice du syndicat des copropriétaires pouvait donc être examinée.

La Cour écarte les 2 autres arguments du copropriétaire sans expliquer sa réponse en détail, car ils ne pouvaient manifestement pas faire annuler le jugement. Le copropriétaire doit aussi payer les frais du procès et verser 3 000 euros au syndicat des copropriétaires.

Prenons un exemple

Noms et dates inventés

Madame Roux et le compte séparé des Acacias

En décembre 2016, aux Acacias, l'assemblée générale vote sur l'ouverture d'un compte bancaire séparé au nom du syndicat des copropriétaires. Madame Roux y est copropriétaire.

  1. Décembre 2016L'assemblée générale refuse à l'unanimité d'autoriser le syndic à ouvrir ce compte. Ce refus le dispense de l'ouvrir, sans durée fixée.
  2. 2017 et 2018L'assemblée renouvelle chaque année le même syndic. Madame Roux ne demande pas au juge d'annuler la décision de décembre 2016.
  3. Septembre 2018Madame Roux ne paie plus ses charges. Le syndicat des copropriétaires lui demande en justice de les payer.
  4. Devant le jugeMadame Roux soutient que le mandat du syndic est sans valeur, faute de compte séparé. Le juge répond que le syndic est toujours dispensé d'ouvrir ce compte.

Et après

Le juge examine donc la demande du syndicat des copropriétaires. L'absence de compte séparé ne permet pas à Madame Roux d'échapper à cette demande. Ce cas se passe avant 2021, car cette dispense n'existe plus depuis le 31 décembre 2020.

Ce que cela change pour vous

Le copropriétaire

Dans cette affaire, la dispense d'ouvrir un compte séparé, décidée sans durée, valait encore pour le même syndic renouvelé les années suivantes. Le copropriétaire n'a donc pas pu s'appuyer sur l'absence de compte séparé pour échapper à la demande de charges. Cette dispense n'existe plus depuis le 31 décembre 2020, et l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 oblige aujourd'hui le syndic à ouvrir un compte séparé au nom du syndicat des copropriétaires.

Le syndic

Dans cette affaire, le syndic renouvelé en 2017 et en 2018 bénéficiait encore de la dispense décidée sans durée par l'assemblée de 2016. Le syndicat des copropriétaires a donc pu faire examiner par le juge son action en justice pour obtenir les charges impayées. Aujourd'hui, l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 ne prévoit plus de dispense. Sans compte séparé 3 mois après votre désignation, votre mandat est nul de plein droit.

Le dossier de l'arrêt

Tout ce qui suit est recopié de l'arrêt ou calculé à partir de lui, sans réécriture.

Ce que la Cour a écrit

Cet arrêt n'est pas publié au Bulletin. La Cour de cassation n'en publie donc pas de résumé. Voici le passage de l'arrêt qui dit ce qu'elle juge.

Les textes appliqués

Les sources

Fiche établie à partir des données de la DILA, réutilisées sous licence ouverte. Explication relue en septembre 2026.

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